Le gouvernement n'a pas précisé si cela aboutirait à une diminution des visas étudiants délivrés.
Maud Bregeon à Paris, le 14 janvier 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
Le gouvernement veut "engager un travail pour renforcer la sélectivité des étudiants" étrangers accueillis en France, pour mieux répondre aux "besoins" des universités, sans donner plus de détails sur ce que cela implique pour ce sujet "abrasif".
"Il y a un travail de réflexion qui sera mené dans les prochains jours et dans les prochaines semaines autour de cette question-là" par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, "sous l'autorité du Premier ministre et du président de la République", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, devant la presse après le Conseil des ministres.
Elle a assuré que "l'objectif" était à ce stade de "réfléchir à une meilleure efficacité" , "notamment dans l'accueil" et en fonction des "besoins" dans les universités, a-t-elle expliqué, sans dire si cela aboutirait à une diminution des visas étudiants délivrés. Elle a invité à ne pas "tirer de conclusions hâtives" sur ce "sujet abrasif". "C'est normal au regard de l'évolution du nombre de visas délivrés, qu'on le mette sur la table", "sans coup de menton, avec lucidité", a-t-elle insisté.
Conditions durcies pour les extra-européens
La France a délivré en 2025 quelque 12.700 visas de court séjour (+5,8%) pour motif étudiant et 118.000 premiers titres de séjour (+6,4%) pour le même motif, selon des chiffres publiés mardi.
La sélectivité des étudiants étrangers revient régulièrement dans le débat : en 2018, le gouvernement avait ouvert la possibilité pour les universités d'augmenter les frais de scolarité des jeunes extra-européens. Par ailleurs, le projet de budget 2026 prévoit une suppression des aides publiques au logement (APL) pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers.
Maud Bregeon a aussi évoqué une réflexion à venir sur "les filières économiques prioritaires" en matière d'immigration.
Ces "réflexions" gouvernementales sont annoncées au lendemain de la publication des chiffres sur l'immigration en 2025 , avec plus de titres de séjour, moins de régularisations et une petite baisse des demandes d'asile, qui ont nourri un débat politique toujours plus polarisé sur ce thème en vue de la présidentielle de l'an prochain.
La France a délivré 384.230 premiers titres de séjour l'an dernier (+11%), mais ceux délivrés pour motifs économiques ont reculé de 13% à 51.190.
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